Mildiou de la vigne · le comprendre, le voir venir, limiter les dégâts.
En bref : le mildiou (Plasmopara viticola) est la maladie n°1 de la vigne en France. Il se déclenche quand pluie, douceur et végétation se combinent : la fameuse règle des « 3-10 ». Quand les taches se voient, la contamination date déjà de plusieurs jours : la seule vraie défense, c'est l'anticipation. Surveiller la météo de sa commune, connaître ses parcelles sensibles et être alerté avant les fenêtres à risque font gagner les 48 heures qui changent tout.
1. Le reconnaître (avant qu'il ne soit trop visible)
Sur les feuilles, le premier signe est la « tache d'huile » : une zone décolorée, jaunâtre, un peu translucide quand on regarde la feuille par transparence face au soleil. Sur la face inférieure, par temps humide, apparaît un feutrage blanc : ce sont les fructifications du champignon, prêtes à repartir contaminer plus loin.
Sur les grappes, c'est plus grave : jeunes, elles brunissent et se dessèchent (« rot brun ») ; l'attaque peut coûter directement du rendement. Les confusions classiques : carence en magnésie (mais elle suit les nervures), brûlures (bords nets, pas de feutrage), oïdium (poussière grise sur la face supérieure, pas de tache d'huile).
Entre la contamination et les premiers symptômes, il se passe 5 à 12 jours d'incubation selon la température. Quand vous voyez les taches, le champignon travaille déjà depuis une semaine, et la génération suivante se prépare. C'est pour ça que « traiter quand on voit » est toujours un coup de retard.
2. Les conditions qui le réveillent : la règle des « 3-10 »
Le mildiou passe l'hiver dans les feuilles mortes au sol. Au printemps, trois conditions doivent se réunir pour la première contamination, les agronomes les résument en « 3-10 » :
- la vigne a poussé d'environ 10 cm (il y a du tissu vert à contaminer) ;
- il est tombé au moins 10 mm de pluie en 24-48 heures (l'eau véhicule les spores) ;
- la température ne descend plus sous 10 °C (le champignon devient actif).
Ensuite, chaque pluie sur feuillage humide peut relancer un cycle : contamination → incubation → sortie de taches → nouvelles spores. Les étés orageux enchaînent les cycles ; les étés secs les cassent. D'où l'énorme variabilité d'une année sur l'autre, et l'intérêt de comparer la pression de l'année à celle des saisons passées.

3. Le calendrier d'une contamination
Jour J : pluie contaminante sur végétation réceptive. Jours J+1 à J+10 : incubation, strictement invisible. Vers J+7 à J+12 : sortie des taches d'huile ; par nuit humide, feutrage blanc et nouvelles spores. Si une nouvelle pluie arrive à ce moment-là, le cycle repart, multiplié. Une saison à mildiou, c'est cette mécanique qui s'emballe.
Conséquence pratique : la fenêtre utile de protection se situe avant et autour des pluies contaminantes, pas après la sortie de taches. Les 48 heures qui précèdent un épisode pluvieux annoncé sont les plus précieuses de la saison.
4. Surveiller sans y passer ses nuits
Trois niveaux, du plus simple au plus complet :
- La météo de votre commune, pas celle du département. Cumuls de pluie, humidité nocturne, prévisions à 7 jours : c'est la matière première du risque. C'est ce qu'Altavue suit automatiquement pour chaque domaine.
- Vos parcelles sensibles : bas-fonds humides, zones à rosée, parcelles denses, historiques d'attaque. La carte de vigueur (NDVI) et le relief aident à les cartographier une fois pour toutes.
- Des alertes avant les fenêtres à risque : plutôt que de surveiller un écran, recevoir un message quand les conditions « 3-10 » ou un enchaînement pluie + douceur se profilent. C'est le rôle de l'Observatoire.
Soyons précis : le satellite ne voit pas les spores. Il voit deux choses très utiles : les zones de vigueur dense (microclimat favorable, séchage lent) où le risque est structurellement plus fort, et les pertes de vigueur d'une attaque installée, souvent avant votre prochain passage sur la parcelle. La détection précoce, elle, vient du croisement météo + historique parcellaire.
5. Traiter juste (plutôt que traiter plus)
Un passage coûte 40 à 70 €/ha, produit compris. Traiter juste, c'est : protéger avant les fenêtres à risque plutôt que rattraper après ; concentrer la vigilance sur les parcelles sensibles plutôt que traiter tout, tout le temps ; et éviter le passage « de confort » des semaines sèches, celui qui ne protège de rien.
Sur ce dernier point, le calcul est simple : un domaine de 20 ha qui évite un seul passage inutile économise 800 à 1 400 €, plus que l'abonnement annuel à un suivi complet. Les chiffres sont ici.
Les décisions de traitement se prennent avec votre conseiller et le Bulletin de Santé du Végétal de votre région. Altavue vous aide à décider : il ne prescrit pas.
Vos questions sur le mildiou
Quand commence le risque mildiou ?
Dès que les conditions de la règle des « 3-10 » sont réunies au printemps : environ 10 cm de pousse, au moins 10 mm de pluie en 24-48 h et une température qui ne descend plus sous 10 °C. Selon les années, cela peut arriver dès avril.
Le mildiou peut-il détruire toute une récolte ?
Oui, les années très humides, une attaque mal contrôlée sur grappes peut coûter une grande partie de la récolte. C'est la maladie n°1 de la vigne en France : c'est pour ça que l'anticipation compte plus que tout.
Le satellite voit-il le mildiou directement ?
Non, et méfiez-vous de qui vous dirait le contraire. Le satellite voit la perte de vigueur causée par une attaque installée. La vraie anticipation vient du croisement météo (les conditions de contamination) + suivi parcellaire (les zones sensibles). C'est exactement ce que fait Altavue.
Je suis en bio, avec du cuivre. Qu'est-ce que ça change ?
Tout se joue sur le positionnement : le cuivre protège avant la contamination, pas après. Être alerté avant une fenêtre à risque permet de positionner le traitement au bon moment, et d'éviter les passages inutiles qui plombent le bilan cuivre.
Quelle est la référence officielle ?
Le Bulletin de Santé du Végétal (BSV) de votre région, et vos conseillers techniques. Altavue est une aide à la décision qui s'ajoute à ces références, jamais un substitut.
À lire ensuite : le cas des 2 parcelles qui décrochaient · la viticulture de précision par satellite
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